Constant LEMOU, le Sga du Cjd attire l’attention du Gouvernement sur l’existence d’un réseau d’arnaqueurs au sein du corps des médias au Togo : « C’est de l’incivisme cultivé sous serre par un courant de journalisme d’arnaque. Nous invitons la HAAC et la Justice à travailler pour démanteler ce réseau ».

La libéralisation et la dépénalisation de la presse au Togo a permis un foisonnement des médias confirmant la bonne santé du processus de démocratisation de notre pays. Dans ce contexte, ils sont nombreux les journalistes qui font preuve de professionnalisme et offrent un réel plaisir aux Togolais qui s’y intéressent, et constituent un véritable baromètre de la vitalité démocratique dans notre pays.

Malheureusement, il est né depuis deux ans environ, un courant de ‘’journalisme d’arnaque’’ incarné par une bande d’acteurs de la presse privée qui menacent d’honnêtes citoyens notamment les responsables politiques et surtout les hauts cadres de l’administration togolaise.

Le mode opératoire du ‘’journalisme d’arnaque’’

On les rencontre souvent dans les couloirs des régies de recettes et dans les bureaux des autorités où ils n’ont réellement rien à faire mais ils y sont tout le temps. Ces tenants du journalisme d’arnaque ne sont pas rares au domicile des autorités, leurs victimes potentielles.
Prenant souvent pour cible les hommes et les femmes qu’ils jugent dotés de moyens suffisants et/ou occupant des positions élevées dans leur administration, les arnaqueurs se présentent comme des journalistes et procèdent de plusieurs modes opératoires.

Le premier mode opératoire de ces journalistes arnaqueurs consiste à se scinder en deux groupes.

Le premier groupe publie dans un article, sur recommandation d’un adversaire ou non, une kyrielle de diffamations sur un citoyen bien ciblé, mettant ce dernier dans tous ses états. Entre en scène le deuxième groupe qui propose à la victime ses services pour un droit de réponse et la nécessité de rétablir la vérité. La facture bien salée, ces services sont gracieusement payés et les membres de la bande se partagent le pactole.

Le deuxième mode opératoire est beaucoup plus pratiqué par les acteurs en mal d’audience opérant aussi souvent dans l’illégalité, consiste à proposer un contrat de communication avec la structure que dirige l’autorité ciblée. Ces journalistes arnaqueurs reconnaissables par la méconnaissance des techniques journalistiques, l’absence totale de déontologie et par conséquent l’impossibilité de professionnalisme dans leur prestation, n’arrivent pas à faire prospérer les contrats proposés.

Alors commencent les menaces et chantages à travers la publication des articles décousus truffés de fautes de toute sorte sur des faits qu’ils imaginent eux-mêmes.

Le but recherché étant d’extorquer de l’argent à leurs victimes, ces journalistes arnaqueurs finissent par obtenir gain de cause, ou on assiste à des plaintes devant la Haute Autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC) ou devant les tribunaux avec un fond de dossier vide.

Le danger de ce journalisme d’arnaque

L’incivisme cultivé sous serre par le journalisme d’arnaque est une réelle menace pour la crédibilité du IVème pouvoir, une atteinte grave à la consolidation des acquis démocratiques dans notre pays, avec toutes les conséquences en termes de crise de confiance entre les responsables des média et les autorités en charge de la gouvernance de notre pays.

Nous sommes arrivés à nous demander si la loi sur la liberté de la presse est trop clémente au point d’ouvrir la voie à toute sorte de dérive de la part de ces acteurs qui s’invitent dans le domaine de la presse sans formation ou avec une formation approximative, causant du tort aux citoyens qui se battent pour créer la richesse, ou qui ont accepté de grandes responsabilités pour conduire notre pays le Togo vers son émergence.

Nous en appelons à la responsabilité des dirigeants de notre pays, aux pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire pour arrêter ce fléau de journalisme d’arnaque afin d’assurer la sécurité, la paix et la quiétude à chaque citoyen quel que soit son rang social, et de baliser davantage la voie du développement et l’ancrage total de la démocratie dans notre cher Togo.

Constant LEMOU, Acteur de la société civile togolaise

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