1er mai au Togo : les centrales syndicales haussent le ton, le gouvernement appelle à un dialogue social renforcé
À l’occasion de la Journée internationale des travailleurs, célébrée le 1er mai 2026, les sept centrales syndicales du Togo ont une nouvelle fois saisi cette tribune pour interpeller les pouvoirs publics sur l’urgence de répondre à leurs revendications. Entre attentes pressantes du monde du travail et engagements réaffirmés du gouvernement, cette édition a été marquée par un plaidoyer appuyé en faveur de réformes sociales concrètes.

La commémoration a débuté par un défilé parti de la Bourse du travail, parcourant plusieurs artères de la ville de Lomé, avant de s’achever sur l’esplanade du Palais des congrès, où attendaient les membres du gouvernement et les représentants du patronat. Une mobilisation qui traduit la vitalité du mouvement syndical et son attachement aux traditions revendicatives du 1er mai.
Prenant la parole au nom des centrales syndicales, le secrétaire général de l’UNSIT a rappelé que la présentation d’un cahier de doléances à cette date relève d’une tradition universelle du monde du travail. Mais au-delà du rituel, il a insisté sur la portée réelle de cet exercice, soulignant qu’il traduit avant tout des « réalités douloureuses » vécues par les travailleurs et leurs familles.

Dans un ton empreint de gravité, il a fait savoir que, sur les treize doléances soumises en 2025, seules deux connaissent un début de prise en charge, notamment la révision en cours de la convention collective interprofessionnelle, attendue depuis plusieurs années. Pour les syndicats, les revendications actuelles ne sauraient être perçues comme de simples formalités, mais comme l’expression d’une souffrance sociale persistante.

Les travailleurs réclament ainsi, entre autres, la mise en conformité de la législation nationale avec les normes internationales du travail, le rétablissement d’un dialogue social effectif, une meilleure reconnaissance des organisations syndicales, ainsi qu’une attention accrue aux acteurs de l’économie informelle, encore largement exclus des mécanismes de protection sociale.

En réponse, le ministre, secrétaire général du gouvernement, Stanislas Bamouni Somolou Baba, représentant le Président du Conseil, a tenu à rassurer sur la volonté de l’exécutif d’améliorer durablement les conditions de vie et de travail. Il a mis en avant les réformes engagées ces dernières années, notamment la modernisation de l’administration du travail, la digitalisation des services publics et la mise en œuvre progressive de l’assurance maladie universelle.
Le ministre a également salué la révision de la convention collective interprofessionnelle, qu’il considère comme une avancée majeure, fruit d’un dialogue social constructif entre les différents acteurs. Il a assuré que les nouvelles doléances seront examinées avec toute l’attention requise, tout en annonçant des mesures sociales d’apaisement, dont le redéploiement d’une partie du personnel féminin licencié de SUNU dans la fonction publique.
Reconnaissant toutefois la persistance de défis majeurs, notamment la précarité de l’emploi, l’inflation et les enjeux liés à l’inclusion des jeunes et des femmes, il a appelé à un renforcement d’un dialogue social « sincère et constructif », seul gage de solutions durables.

Du côté du patronat, le président du Conseil national du patronat du Togo, Coami Sedolo Tamegnon, a réaffirmé l’engagement des entreprises à œuvrer aux côtés de l’État et des partenaires sociaux. Plaidant pour un équilibre entre performance économique et progrès social, il a proposé plusieurs pistes, dont le renforcement du dialogue social, l’amélioration progressive des conditions de travail, le soutien à l’entrepreneuriat et la promotion d’un environnement professionnel respectueux des droits humains.
Au terme de cette célébration, une évidence s’impose : au Togo, le 1er mai demeure un moment clé d’expression des aspirations du monde du travail, mais aussi un test grandeur nature pour la qualité du dialogue social et la capacité des acteurs à converger vers des solutions partagées.
Dodji KETOHOU




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