Epé-Ekpé 2026 : le peuple Guin-Mina célèbre sa tradition sous le signe du pardon et de la cohésion

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Epé-Ekpé 2026 : le peuple Guin-Mina célèbre sa tradition sous le signe du pardon et de la cohésion

Le peuple Guin-Mina de la préfecture des Lacs et de la diaspora a célébré, jeudi 3 septembre 2026 à Glidji-Kpodji, dans la commune Lacs 1, la 363ᵉ édition de sa fête traditionnelle identitaire, Epé-Ekpé, également appelée Kpessosso, ou prise de la pierre sacrée.

Cette édition revêt un caractère particulier. Elle intervient quelques mois après l’inscription, en décembre 2025, d’Epé-Ekpé sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO. La célébration de 2026 constitue ainsi la première édition organisée sous ce prestigieux label international, qui vient consacrer la valeur culturelle et patrimoniale de cette tradition ancestrale.

La pierre sacrée, entre spiritualité et message à la communauté

Moment central de la cérémonie, la présentation de la pierre sacrée constitue chaque année un temps fort pour le peuple Guin-Mina. De couleur blanche éclatante cette année, elle est perçue comme un symbole de prospérité, de paix, de pureté et d’espérance.

Au-delà de sa dimension spirituelle, la pierre délivre également des messages à la communauté. Elle appelle notamment à bannir les violences conjugales faites aux femmes et aux enfants et recommande d’éviter la baignade dans les eaux douces et les piscines.

Le message porté à l’occasion de cette nouvelle année traditionnelle est surtout celui du pardon, de la réconciliation, de l’amour et de la cohésion sociale.

Les recommandations concernent également les pratiques de solidarité. Les divinités invitent la communauté à faire des offrandes au dieu du fer, Egou, aux jumeaux, mais aussi à accorder une attention particulière aux enfants nécessiteux et aux personnes vulnérables.

Les prêtres Hounons et les chefs traditionnels sont, eux aussi, appelés à renforcer leur unité. La pierre exhorte par ailleurs les autorités locales, notamment le préfet et le maire de Lacs 1, à œuvrer au rapprochement des fils et filles Guin-Mina.

Sur le plan économique et social, la pierre blanche est interprétée comme un signe d’abondance : abondance des récoltes, fécondité des femmes et prospérité dans les activités commerciales et entrepreneuriales.

Un rituel au cœur de l’identité Guin-Mina

Epé-Ekpé ne se résume pas à une cérémonie annuelle. La fête constitue l’aboutissement d’un long processus spirituel et culturel qui s’étend sur plusieurs mois. Elle marque la fin d’une année lunaire de treize mois et l’entrée dans une nouvelle année traditionnelle du peuple Guin-Mina.

Elle représente également un moment de renouvellement de l’alliance entre la communauté, les ancêtres et les 41 divinités qui composent le panthéon de la cosmogonie Guin.

Les chants, les danses et les rituels exécutés par les adeptes des différentes divinités rythment les festivités. La libation et l’invocation des ancêtres et des divinités occupent une place importante dans le cérémonial, aux côtés de plusieurs autres manifestations symboliques.

Parmi celles-ci figurent la distribution de la boisson locale « Liha », préparée à base de maïs par des femmes ménopausées, le port de perles « Sika » aux autorités et la présentation solennelle de la pierre sacrée au public.

Une tradition au service de la cohésion sociale

Au-delà de sa dimension spirituelle, Epé-Ekpé joue un rôle important dans la cohésion de la communauté. La fête favorise les retrouvailles entre familles, le rapprochement entre les trônes royaux et les couvents et offre un cadre de dialogue, de pardon et de réconciliation.

C’est également un moment privilégié pour réfléchir aux moyens de promouvoir le développement socioéconomique, culturel et touristique de l’espace Guin-Mina.

Le président du comité d’organisation, Ayayi Ayivi Patrick, a salué la forte mobilisation autour de cette édition, qu’il considère comme une manifestation de l’attachement des populations à leurs valeurs traditionnelles et à la transmission de leur patrimoine ancestral.

Il a, au nom du peuple Guin-Mina, exprimé son soutien à la politique de paix, de cohésion sociale et de vivre-ensemble prônée sous le leadership du Président du Conseil, Faure Gnassingbé.

Dans le même esprit, le porte-parole du peuple, Gê Fio Kossigan Kankoué Hanvi-Kpli VIII, chef de Zowla, a appelé les fils et filles Guin-Mina, les familles, les couvents et les trônes royaux à renforcer leur unité et à œuvrer ensemble à un développement durable, harmonieux et inclusif de leur espace culturel.

L’UNESCO, une reconnaissance qui impose des responsabilités

L’inscription d’Epé-Ekpé sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité donne désormais une dimension internationale à cette tradition. Cette reconnaissance contribue à renforcer sa visibilité, mais elle impose également un devoir de transmission et de sauvegarde.

Représentant personnel du Président du Conseil, le ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts, Isaac Tchiakpé, a souligné l’importance de cette célébration dans la valorisation du patrimoine culturel togolais.

Pour le ministre, la pierre sacrée n’est pas un simple objet rituel. Elle constitue à la fois « un devoir, un langage et le lien qui unit les générations ».

Il a invité les acteurs et les pratiquants à poursuivre les efforts de sauvegarde et de transmission de cette tradition, estimant que le patrimoine culturel constitue également un véritable levier de développement local.

« Epé-Ekpé est une fête traditionnelle qui affirme l’identité culturelle du peuple Guin-Mina », a-t-il déclaré, avant de saluer l’attachement de la communauté à ses traditions et à sa culture.

Une vitrine du patrimoine culturel togolais

La 363ᵉ édition a rassemblé une importante délégation composée notamment de membres du gouvernement, de diplomates, de députés, de préfets, de maires, de chefs traditionnels et de responsables administratifs. Des délégations venues du Bénin, du Ghana, de la Côte d’Ivoire, du Nigeria et d’autres pays ont également pris part aux festivités.

Cette forte mobilisation témoigne de la dimension régionale de cette célébration et des liens historiques et culturels qui unissent les communautés du golfe de Guinée.

Désormais inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’humanité, Epé-Ekpé apparaît comme un patrimoine à préserver, mais aussi comme un potentiel vecteur de promotion culturelle et touristique du Togo.

La 363ᵉ édition aura donc été celle d’un double message : préserver l’héritage des ancêtres tout en faisant de la tradition un instrument de cohésion, de transmission et de développement. Sous le signe du pardon, de la réconciliation et de l’unité, Epé-Ekpé poursuit ainsi son histoire, désormais inscrite dans le patrimoine culturel de l’humanité.

Ing Ilyame O-L

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