Cherté du transport aérien dans l’espace CEDEAO : les membres du comité de supervision échangent sur la réduction des redevances

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Cherté du transport aérien dans l’espace CEDEAO : les membres du comité de supervision échangent sur la réduction des redevances

La capitale togolaise abrite, les 2 et 3 juillet, la première réunion du Comité de supervision économique du transport aérien de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), consacrée à l’amélioration de l’accessibilité de l’espace aérien ouest-africain.

Face à la cherté du transport aérien dans la sous-région ouest-africaine, les chefs d’Etat et de gouvernement, réunis le 15 janvier 2024 à Abuja, au Nigeria, ont adopté l’acte additionnel relatif à la politique commune en matière de redevances et de taxes sur le transport aérien. Selon les données de l’Association des compagnies aériennes africaines (AFRAA), les taxes, redevances et autres charges appliquées au départ d’un vol international s’élèvent en moyenne à 92 dollars dans la sous-région, contre une moyenne africaine de 66 dollars et environ 32 dollars au Moyen-Orient et en Europe. Les passagers ouest-africains paient ainsi, à service égal, près de trois fois plus que les voyageurs européens. Cette réalité fragilise les compagnies aériennes, qui peinent à survivre face à des coûts d’exploitation élevés et à la concurrence des transporteurs étrangers.

L’adoption de cet acte poursuit un objectif clair : améliorer l’accessibilité, la connectivité et la compétitivité de l’espace aérien, au service du développement durable et de l’intégration régionale. Ce texte prévoit la suppression de quatre taxes qui ne contribuent pas directement au développement du secteur, à savoir : la taxe sur les billets, la taxe dite de solidarité, la taxe sur le tourisme et la taxe sur les voyages à l’étranger. Il prévoit également une réduction d’au moins 25 % de deux redevances jugées excessives : la redevance passagère et la redevance de sûreté.

Cette réunion traduit l’engagement collectif et déterminé des Etats membres de la CEDEAO à transformer le secteur du transport aérien en Afrique de l’Ouest. Elle constitue une étape historique dans l’opérationnalisation effective de l’acte additionnel adopté par les chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO le 15 décembre 2024 à Abuja. Cet acte représente un instrument stratégique essentiel visant à garantir des services de transport aérien abordables et accessibles, afin d’améliorer la compétitivité du secteur et d’accélérer la mise en œuvre du marché unique du transport aérien africain.

La présente rencontre a pour objectif de travailler à la réduction du coût du transport aérien pour les citoyens ouest-africains. Les membres du comité devront s’accorder sur les actions prioritaires à mener ainsi que sur leur calendrier de mise en œuvre. Ils veilleront également à l’harmonisation des réglementations nationales avec les principes de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) en matière de fixation des redevances et des charges, notamment le respect de la non-discrimination, de l’adéquation entre les coûts et les services rendus, de la transparence et de la consultation des usagers. Les participants devront aussi s’assurer que la suppression des taxes et la réduction des redevances se traduisent effectivement par une baisse des tarifs pour les passagers. Au cours des travaux, la stratégie régionale de mise en œuvre sera examinée, les règles et procédures seront adoptées et un programme de travail clair sera défini.

Le ministre des Transports, du Désenclavement et des Pistes rurales, Komlan Loukou-Kadjé, a lancé un appel aux pays membres face à cette situation. « L’enjeu dépasse les redevances et les taxes. Il s’agit de rapprocher nos peuples, de désenclaver nos territoires, de faire du ciel africain un bien commun accessible et non privilégié. Il s’agit de donner corps, dans le quotidien de nos citoyens, à la promesse d’intégration que porte la CEDEAO depuis sa création. » Il a poursuivi : « Le Togo prend toute sa part dans cette ambition et restera mobilisé à vos côtés. »

La vice-présidente de la Commission de la CEDEAO, Damtien Tchintchibidja, a également dénoncé la cherté du transport aérien dans l’espace communautaire en ces termes : « Le transport aérien dans notre région demeure l’un des plus coûteux au monde. Cette réalité limite sa capacité à jouer pleinement son rôle dans la facilitation des voyages, la mobilité de la main-d’œuvre et des services, ainsi que la connexion des familles et la libre circulation des personnes et des biens, éléments essentiels de l’agenda d’intégration régionale ».

Le comité de supervision est chargé d’assurer la mise en œuvre harmonisée et le suivi rigoureux des décisions régionales, de poursuivre l’harmonisation des politiques nationales en vue du marché unique du transport aérien africain et de promouvoir un dialogue constant entre les États membres et les acteurs du secteur. Il constitue un instrument de gouvernance économique, un cadre de concertation entre les régulateurs, les décideurs et les opérateurs, ainsi qu’un levier pour harmoniser les politiques avec les standards internationaux.

Adjovi TOESSI

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