Crise au Moyen-Orient : Faure Gnassingbé appelle à une Afrique plus résiliente et unie face aux défis mondiaux
Le Président du Conseil, Faure Gnassingbé, a invité les Etats africains à renforcer leur résilience économique, énergétique et sécuritaire, tout en parlant d’une voix plus unie sur les grandes questions internationales. Il a lancé cet appel, le vendredi 3 juillet à Lomé, à l’ouverture de la conférence de l’Alliance politique africaine (APA), consacrée aux conséquences de la crise au Moyen-Orient sur le continent africain.
« Face aux crises qui affectent l’ordre international, notre continent doit se parler davantage, se coordonner davantage et faire entendre plus clairement sa voix », a déclaré Faure Gnassingbé, estimant que l’Afrique doit désormais défendre ses intérêts avec davantage de cohésion.

La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence de Julius Maada Bio, président de la Sierra Leone, président en exercice de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Cette conférence, placée sous le thème « L’Afrique face à la crise au Moyen-Orient : impacts, défis et réponses stratégiques », regroupe des entités étatiques venues d’Afrique, des institutions régionales africaines, des Etats du Moyen-Orient et des pays partenaires.
Une crise qui touche directement l’Afrique
Le Président du Conseil a souligné que la crise au Moyen-Orient ne constitue pas un conflit éloigné des réalités africaines. Selon lui, ses répercussions affectent déjà les économies, la sécurité et les perspectives de développement du continent. Il a cité la hausse des prix de l’énergie, les perturbations des chaînes d’approvisionnement, le renchérissement du transport maritime ainsi que l’augmentation des coûts des denrées alimentaires et des intrants agricoles.
« La crise au Moyen-Orient ne peut pas être regardée par l’Afrique comme une crise lointaine. Elle concerne directement nos économies, notre sécurité et notre capacité collective à contribuer à la paix et à la stabilité internationale », a-t-il insisté.
Faure Gnassingbé a également mis en garde contre les conséquences sociales de cette situation, rappelant que la hausse des prix touche en priorité les ménages, les producteurs et les entreprises les plus vulnérables. Il a, en outre, évoqué les risques liés à la désinformation, aux trafics illicites, à la radicalisation et aux conflits hybrides susceptibles de fragiliser davantage certains États africains.
Faire de la résilience une priorité stratégique
Pour faire face à ces défis, Faure Gnassingbé a plaidé pour une transformation profonde des politiques publiques africaines. Selon lui, « la résilience ne doit plus être pensée comme une réponse ponctuelle à une crise ponctuelle. Elle doit devenir un objectif stratégique permanent ».
Il a appelé les pays africains à renforcer leur résilience énergétique en diversifiant leurs sources d’approvisionnement, en développant les interconnexions et en améliorant leurs infrastructures. Il a insisté sur la nécessité d’accroître la production agricole, de développer la transformation locale des produits et de renforcer les échanges commerciaux entre pays africains afin de garantir la sécurité alimentaire.
Sur le plan économique, il a recommandé la modernisation des ports, la sécurisation des corridors commerciaux, le renforcement des capacités de stockage et une meilleure coordination des politiques régionales, précisant que l’objectif n’est pas de se couper du monde, mais de réduire les dépendances excessives.
Développer une capacité africaine d’anticipation
Le Président du Conseil a estimé que la crise actuelle traduit une évolution durable de l’environnement géopolitique mondial. Pour lui, les prochaines crises pourraient être énergétiques, alimentaires, financières ou sécuritaires. Face à cette nouvelle réalité, il a appelé les Etats africains à renforcer leurs capacités d’analyse stratégique, de prospective, d’alerte précoce et de coordination politique. « La question n’est plus simplement de savoir comment réagir à une crise ; elle est de savoir comment construire, dans la durée, une capacité africaine d’anticipation face à un monde plus incertain », a-t-il affirmé.
Des priorités communes aux Etats africains
Le Président du Conseil a exhorté les pays africains à défendre une position souveraine et équilibrée sur la scène internationale, sans céder aux logiques d’alignement imposées par les grandes puissances. Selon lui, malgré la diversité des intérêts nationaux, les Etats africains partagent des priorités communes : la paix, la stabilité, la sécurité des routes maritimes, la protection des civils et le respect du droit international.
« L’Afrique ne doit pas être sommée de choisir mécaniquement entre des blocs. Elle doit partir de ses propres intérêts, de ses propres vulnérabilités et de ses propres responsabilités », a-t-il déclaré, avant de souligner que le continent doit être « une force de désescalade et de dialogue » privilégiant les solutions politiques aux conflits.
Quatre piliers pour une réponse africaine
Faure Gnassingbé a indiqué que les travaux de la conférence de Lomé visent à bâtir une réponse africaine fondée sur quatre principes : la lucidité dans l’analyse des risques, la résilience face aux chocs extérieurs, la souveraineté dans la défense des intérêts du continent et la responsabilité en faveur du dialogue et de la paix. « Lorsque l’Afrique se parle et s’organise, elle peut peser davantage sur les affaires du monde », a conclu le Président du Conseil, en appelant les participants à faire de cette rencontre un cadre d’actions concrètes au service de la stabilité et du développement du continent.
L’Alliance politique africaine (APA), une initiative portée par la République togolaise depuis mai 2023, constitue un cadre d’échanges stratégiques et de concertation politique destiné à promouvoir une Afrique souveraine, influente sur la scène internationale et capable de défendre ses intérêts stratégiques dans un environnement international en profonde mutation.
AA




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