Sahel : le Togo dévoile une stratégie 2026-2028 et renforce le dialogue avec l’AES et ses partenaires
Une rencontre consacrée aux enjeux de sécurité et de coopération au Sahel a réuni plusieurs pays, notamment le Burkina Faso, le Niger, le Mali et le Togo, aux côtés d’organisations régionales et continentales telles que la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union africaine. Cette concertation s’inscrit dans un contexte sécuritaire marqué par la persistance des menaces terroristes et la recomposition des alliances régionales.

À cette occasion, le Togo a présenté sa stratégie vis-à-vis de l’Alliance des États du Sahel (AES) pour la période 2026-2028. Cette nouvelle orientation diplomatique et sécuritaire repose sur quatre axes majeurs visant à renforcer la stabilité régionale tout en préservant les intérêts économiques et stratégiques du pays.
Le premier pilier met l’accent sur le maintien d’un dialogue politique continu avec les pays membres de l’AES. Lomé entend ainsi préserver des relations ouvertes et pragmatiques avec le Burkina Faso, le Niger et le Mali, malgré les tensions observées entre ces États et certains partenaires régionaux. Cette approche privilégie la concertation, la confiance mutuelle et la recherche de solutions communes face aux défis sécuritaires.
Le deuxième axe porte sur le renforcement de la coopération régionale et internationale. L’objectif est d’améliorer la coordination entre les États, les organisations régionales et les partenaires techniques engagés dans la stabilisation du Sahel, afin d’éviter la dispersion des initiatives et d’accroître l’efficacité des actions sur le terrain.
La lutte contre le terrorisme constitue le troisième pilier de cette stratégie. Face à la menace persistante des groupes armés dans la région sahélienne, le Togo demeure particulièrement vigilant, notamment dans ses zones septentrionales exposées aux risques d’incursions. Le pays entend poursuivre le renforcement de ses capacités sécuritaires, tout en privilégiant la coopération avec les États voisins pour une réponse coordonnée.
Enfin, le quatrième pilier repose sur la promotion de l’intégration économique régionale. Le Togo mise sur le développement du commerce, la fluidité des échanges et la mobilité des personnes pour consolider ses liens avec les États sahéliens, dont plusieurs utilisent le port de Lomé comme hub logistique stratégique pour leurs importations et exportations.
La rencontre a également été marquée par des échanges bilatéraux entre les différentes délégations. Parmi les personnalités présentes figurait Tatiana Dovgalenko, responsable des partenariats africains au ministère des Affaires étrangères de la Russie. Elle a évoqué l’implication de son pays dans la lutte contre le terrorisme au Sahel, notamment à travers le déploiement d’instructeurs militaires liés aux dispositifs du Groupe Wagner puis d’Africa Corps au Mali et au Burkina Faso.
La diplomate a également mis en avant les perspectives de coopération entre la Russie et le Togo, notamment dans les domaines de l’agriculture, de l’énergie, de la formation académique et du renforcement des capacités techniques. Ces échanges traduisent la volonté des partenaires de diversifier leurs relations et d’explorer de nouveaux axes de collaboration.
À travers cette rencontre, le Togo réaffirme ainsi son positionnement comme acteur de dialogue entre les blocs régionaux et partenaire engagé pour la paix, la sécurité et l’intégration économique en Afrique de l’Ouest et au Sahel.
DJATO




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