Togo : les trois membres de l’équipe de « Les Routes de l’impossible » poursuivis pour fausses déclarations
Au Togo, les autorités ont apporté, samedi 22 août 2026, des précisions sur l’interpellation de trois membres de l’équipe de tournage du documentaire Les Routes de l’impossible, dont deux ressortissants français. Les trois personnes sont poursuivies pour « fausses déclarations », selon un communiqué conjoint des ministres de la Sécurité et de la Justice.

Les mis en cause travaillaient pour la société française Tony Comiti Productions, productrice du documentaire. Ils avaient obtenu, le 19 juin 2026, une autorisation de tournage délivrée par le ministère chargé du Tourisme, de la Culture et des Arts.
Toutefois, selon les autorités togolaises, le périmètre couvert par cette autorisation ne correspondait pas à l’ensemble des lieux visités par l’équipe. Les investigations ont notamment fait apparaître des tournages à Mango, Guérin-Kouka et Matchatom, dans la préfecture de la Binah, alors que ces localités ne figuraient pas dans l’autorisation accordée.
Le gouvernement fait également état de l’utilisation d’un drone dont les caractéristiques n’auraient pas été préalablement déclarées. Certains déplacements de l’équipe auraient en outre concerné des zones considérées comme sensibles, où l’état d’urgence sécuritaire demeure en vigueur.
Interpellés à Matchatom, les trois membres de l’équipe ont été transférés à Lomé le 4 août par la Brigade de recherche et d’investigation (BRI) de Kara. Leur matériel a été saisi avant leur remise à la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ).
Une information judiciaire ouverte
Saisie par la DCPJ, la justice a ordonné l’ouverture d’une enquête. Les investigations ont, selon les autorités, permis de relever des « indices graves et concordants » susceptibles de justifier des poursuites pour fausses déclarations, une infraction prévue par le nouveau Code pénal togolais.
Présentés au parquet le 17 août, les trois mis en cause ont été entendus en présence de leur avocat. Une information judiciaire a été ouverte le même jour. À l’issue de cette procédure, le magistrat instructeur les a inculpés et placés sous mandat de dépôt.
Dans leur communiqué, les ministres de la Sécurité, Calixte Batossie Madjoulba, et de la Justice, Pacôme Yawovi Adjourouvi, précisent que la procédure ne concerne ni le contenu du documentaire ni l’exercice de la liberté de la presse. Elle porte, selon eux, sur le respect des obligations administratives et des règles de sécurité applicables aux activités de tournage sur le territoire national.
Paris suit la situation
L’affaire fait également l’objet d’un suivi de la part des autorités françaises. Le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a déclaré le 19 août à France Inter que Paris était « en lien avec les autorités du Togo » afin d’obtenir, « au plus tôt », la libération des ressortissants français.
Le chef de la diplomatie française a également indiqué que les services français présents au Togo avaient déjà effectué plusieurs visites auprès des personnes détenues afin de s’enquérir de leur situation.
De leur côté, les autorités togolaises assurent que les trois mis en cause bénéficient de l’assistance d’un avocat ainsi que d’un accompagnement consulaire français. Elles appellent par ailleurs au respect de la présomption d’innocence et au libre déroulement de la procédure judiciaire.
A.AGBAGAN




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