Togo-Chine : Afèignindou Gnassingbé, le nouvel ambassadeur au cœur d’une coopération tournée davantage vers le développement
La coopération entre le Togo et la Chine ouvre une nouvelle séquence. Le nouvel ambassadeur du Togo en République populaire de Chine, Afèignindou Gnassingbé, a remis, le 7 août 2026 à Pékin, les copies de ses lettres de créance à Hong Lei, ministre assistant des Affaires étrangères et directeur général du département du Protocole du ministère chinois des Affaires étrangères. Arrivé en Chine le 1er août, le diplomate entame ainsi officiellement sa mission dans un pays appelé à occuper une place importante dans les ambitions de développement du Togo.

Cette prise de fonction intervient dans un contexte marqué par le renforcement des relations entre Lomé et Pékin. Les deux pays, qui entretiennent des relations diplomatiques depuis 1972, ont élevé leur coopération au rang de partenariat stratégique global en septembre 2024. La relation bilatérale couvre aujourd’hui des secteurs aussi divers que les infrastructures, les télécommunications, l’électricité, la santé, l’agriculture, l’éducation, la formation professionnelle et les échanges commerciaux.
Pour le nouvel ambassadeur, le chantier est donc vaste. Il s’agit désormais de contribuer à transformer le potentiel de cette relation privilégiée en davantage de projets et d’opportunités concrètes pour le développement du Togo.
La Chine est déjà un partenaire économique majeur de Lomé. Selon les données publiées par le ministère chinois des Affaires étrangères, les échanges commerciaux entre les deux pays ont atteint 3,5 milliards de dollars en 2024. Des entreprises chinoises interviennent également au Togo depuis plusieurs décennies dans des projets liés notamment aux routes, aux infrastructures aéroportuaires, aux télécommunications et à l’électricité.
Cette coopération trouve un écho particulier dans les priorités de développement du Togo. Le pays cherche notamment à renforcer ses infrastructures, développer son agriculture, accroître ses capacités industrielles et énergétiques, améliorer sa connectivité numérique et consolider sa position de hub logistique et de services. Ces orientations figurent parmi les principaux axes de la stratégie nationale de développement.
Dans ce contexte, la mission d’Afèignindou Gnassingbé pourrait être appelée à s’inscrire dans une diplomatie économique davantage centrée sur la mobilisation des investissements, le transfert de technologies, la formation des compétences et l’accompagnement des projets structurants. L’enjeu n’est plus seulement de maintenir les acquis de la coopération, mais de rechercher de nouveaux espaces de collaboration répondant aux besoins de transformation de l’économie togolaise.

Le chantier est d’autant plus important que le Togo entend accélérer la modernisation de plusieurs secteurs : agriculture et transformation agro-industrielle, infrastructures routières et logistiques, énergie, numérique, industrialisation, environnement et développement des compétences. La coopération avec la Chine peut ainsi constituer l’un des cadres dans lesquels le Togo cherche à mobiliser expertise, capitaux, technologies et partenariats industriels.
Dans cette perspective, le nouvel ambassadeur apparaît comme un acteur clé de la diplomatie togolaise en Chine. Sa mission consistera notamment à porter les priorités de Lomé auprès des autorités chinoises, à faciliter le dialogue avec les entreprises et institutions chinoises et à identifier de nouvelles possibilités de coopération.
L’enjeu est également de favoriser une coopération davantage tournée vers la création de valeur au Togo : développement des chaînes de transformation locales, montée en compétences de la main-d’œuvre, accompagnement des entrepreneurs, transfert de savoir-faire et diversification des échanges commerciaux.
La remise des copies des lettres de créance ne constitue donc qu’une étape protocolaire. Elle ouvre surtout une nouvelle phase pour la représentation diplomatique togolaise à Pékin, dans un contexte où les relations entre les deux pays disposent déjà d’une base institutionnelle et économique importante.
À Afèignindou Gnassingbé revient désormais la responsabilité de porter cette dynamique, avec pour horizon une coopération sino-togolaise toujours plus concrète, capable d’accompagner les grands chantiers de transformation économique et sociale du Togo.
AA




Laisser un commentaire