Convention et expositions africaines du transport aérien : ’’Il est ainsi nécessaire poursuit-il, de trouver un meilleur équilibre entre la nécessité de financer les infrastructures et l’objectif de développer les marchés’’  , dixit le Président du Conseil Faure Gnassingbé

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Convention et expositions africaines du transport aérien : ’’Il est ainsi nécessaire poursuit-il, de trouver un meilleur équilibre entre la nécessité de financer les infrastructures et l’objectif de développer les marchés’’  , dixit le Président du Conseil Faure Gnassingbé

« L’Afrique doit mieux se relier à elle-même pour mieux se transformer », a dit le Président du Conseil, Faure Gnassingbé à l’ouverture de la 1ère édition de la Convention et expositions africaines du transport aérien, le lundi 15 juin à Lomé.

Le Président du Conseil a partagé cette conviction à travers quatre réflexions pour permettre au continent d’avancer sur le Marché unique du transport aérien africain (MUTA). Cette rencontre, a-t-il dit, doit permettre de porter un message politique clair, celle d’une Afrique qui renforce son intégration interne pour conduire sa propre transformation.

En déclinant sa conviction, Faure Gnassingbé a relevé que « l’Afrique doit réduire les distances qui freinent l’intégration. Elle doit donner à ses entreprises un marché plus accessible et à sa jeunesse un continent plus ouvert ».

De l’engagement politique à une réalité opérationnelle

Le Président du Conseil a expliqué que le choix de l’intégration fait par l’Afrique se justifie par le fait qu’aucun des pays pris isolément, ne dispose de toute la taille requise pour répondre seul aux défis de la transformation économique. Néanmoins, poursuit-il « l’intégration ne devient réelle que lorsqu’elle produit des effets concrets, des villes mieux reliées, des routes plus nombreuses, des coûts plus faibles et des échanges plus fluides ».

M Faure Gnassingbé a relevé qu’il est parfois plus simple de relier une capitale africaine à une capitale tertiaire au continent que de relier deux capitales africaines entre elles. « Ce constat révèle une fragmentation profonde de notre espace économique, le MUTA doit donc entrer dans une phase plus concrète » a-t-il mentionné. Pour lui, il faut des accords de services aériens, faciliter l’ouverture effective des routes, mieux utiliser les droits de trafic, et développer des corridors prioritaires. « La connectivité ne se décrète pas, elle se construit par des décisions précises, des engagements suivis, mais aussi par une coordination régulière entre les États, les régulateurs, les compagnies, les aéroports et les communautés économiques régionales » a-t-il précisé.

La connectivité aérienne ne sera utile que si elle devient plus accessible et plus compétitive

Le Président du Conseil a martelé qu’il est important d’ouvrir le ciel africain, cependant, qu’un ciel ouvert peut rester dans les faits, difficiles d’accès si les billets d’avion demeurent trop chers, les formalités restent trop lourdes, les visas trop complexes. Ainsi, la connectivité n’existe que sur papier sans pouvoir transformer suffisamment la réalité. « Un billet trop cher, on l’a dit, n’est pas seulement une contrainte pour le passager, c’est une vraie barrière pour l’entrepreneur, le tourisme, pour les étudiants, pour les familles et pour les commerçants », a-t-il relevé.

Il est ainsi nécessaire poursuit-il, de trouver un meilleur équilibre entre la nécessité de financer les infrastructures et l’objectif de développer les marchés. « Les exigences de sûreté, de sécurité et de qualité doivent rester élevées, mais les taxes, frais et charges doivent être plus transparents, plus prévisibles et mieux pensées à l’échelle continentale », souligne-t-il. Pour le Président du Conseil, cette même logique vaut pour la facilitation, les visas, les formalités d’entrée, la digitalisation des procédures, la gestion du fret et l’application des standards internationaux qui constituent des instruments d’intégration.

Le transport aérien au service de la transformation productive du continent

Le Président du Conseil a affirmé qu’il est souvent question de l’aviation à travers le transport des passagers, mais l’aviation est aussi une infrastructure économique. Il a indiqué que l’aviation peut soutenir l’agriculture, l’industrie, la santé, le commerce numérique, les exportations à forte valeur ajoutée et les chaines de valeur. « Le fret aérien doit donc occuper une place plus importante dans nos stratégies logistiques. C’est ici que le lien avec la Zone de libre-échange continentale africaine est essentiel », a-t-il évoqué.

M. Faure Gnassingbé a estimé que La ZLECAf ne produira pas tous ses effets uniquement par la réduction des droits de douane. Ainsi, il est important de mettre en place des routes, corridors, plateformes logistiques, procédures efficaces d’une capacité réelle à faire circuler les biens entre les économies. « Le transport aérien doit donc être pensé comme une composante d’un système plus large », a-t-il noté.

M. Faure Gnassingbé a soutenu qu’il ne s’agit pas de posséder l’espace aérien, la route, la mer et le rail, mais de les articuler autour de corridors économiques cohérents. Pour l’Afrique, l’enjeu est donc de transformer la collectivité en compétitivité, a-t-il mis en évidence.

L’Afrique doit construire une base aéronautique plus solide, plus innovante et plus durable

Le Président du Conseil a affirmé qu’une aviation africaine compétitive doit reposer sur un écosystème robuste. Il suppose ainsi, « aéroports modernes, des compagnies solides avec des capacités de maintenance viables, des services d’assistance au sol efficaces, des systèmes numériques fiables et des cadres réglementaires clairs » a-t-il fait savoir. Il a également mis l’accent sur l’aviation comme une filière productive. Elle peut favoriser la création des emplois qualifiés, développer des savoir-faire techniques, attirer des investissements et offrir à la jeunesse des perspectives dans des métiers d’avenir. « La souveraineté aéronautique ne se construira pas seulement avec ses infrastructures. L’aviation se construira également avec des compétences », a-t-il souligné. M. Faure Gnassingbé a relevé qu’il faut ainsi mieux préparer les projets et anticiper à l’avance les besoins futurs.

ADJOVI TOESSI

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