« Le temps de l’improvisation administrative est définitivement révolu », Yawo Agbessi Tsogbe, président du GNEBTP
Après avoir sensibilisé ses membres et les médias, le Groupement national des entrepreneurs du BTP (GNEBTP-Togo) descend à l’échelon des employés de chantier et de bureau. En toile de fond, la multiplication des sanctions de l’ARCOP, qui force les entreprises à marcher au pas.
Des collaborateurs en première ligne
C’est peut-être une première dans l’histoire du groupement. Le vendredi 11 septembre 2026, le GNEBTP-Togo a réuni à l’IFAD Bâtiment d’Adidogomé, à Lomé, non pas ses membres dirigeants, mais les collaborateurs de ces derniers : chefs de chantier, techniciens, assistants administratifs, dessinateurs. L’organisation, qui revendique plus de 700 entreprises membres sur l’ensemble du territoire togolais, à Lomé comme dans les régions, a fait le choix de porter sa campagne de sensibilisation là où se fabriquent concrètement les dossiers d’appel d’offres.

« Ce ne sont pas forcément les DG qui constituent les dossiers d’appel d’offres », a rappelé Yawo Tsogbo, président du GNEBTP, en ouverture. « Ce sont les collaborateurs. Et des fois, ce sont eux qui cherchent à “arranger” les offres pour gagner le marché. Les conséquences tombent sur l’entreprise. »
Le “Zéro tolérance” de l’ARCOP
Le contexte est celui d’une pression réglementaire croissante, selon les acteurs. Le gendarme des marchés publics togolais publie régulièrement une liste actualisée des entreprises temporairement exclues des marchés publics, sanctionnées pour fausses déclarations, falsification de documents administratifs ou non-respect des engagements contractuels. Les durées d’exclusion varient de deux à sept ans selon la gravité des infractions.
Le régulateur a également durci le ton sur la sous-traitance. Par une circulaire du 30 mars 2026, l’ARCOP a notamment rappelé les règles strictes encadrant cette pratique et annoncé des sanctions sévères pour les contrevenants.
« L’ARCOP a considérablement renforcé ses audits et ses contrôles. Le temps de l’improvisation administrative et des arrangements est définitivement révolu », a averti Tsogbo devant la salle. Pour les acteurs du BTP, une exclusion de la commande publique peut sonner comme une condamnation à mort, avec une trésorerie asséchée, des crédits bancaires coupés et des emplois perdus.
La journée a alterné entre cadrage institutionnel et mise en cause directe des pratiques de terrain. Kossi Batchey, expert en passation des marchés publics intervenant dans plusieurs universités togolaises, a présenté les mécanismes de régulation de l’ARCOP et les risques liés à l’usage de faux dans les dossiers d’offres.

Une tournée nationale en six régions
La session de Lomé inaugure un cycle itinérant avec un groupement qui prévoit de répliquer la démarche dans les régions des Plateaux, Centrale, Kara et Savanes. Des antennes régionales, dotées chacune d’un président de région, assureront le relais à chaque étape.
Le secteur affronte par ailleurs une concurrence croissante des entreprises étrangères, et les PME locales peinent à justifier du chiffre d’affaires exigé, équivalant à au moins 25 % du montant du marché sollicité, lors des soumissions. Dans ce contexte, la conformité administrative n’est plus une option. Elle est, selon le groupement, la condition minimale de survie.
Source :TF




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