Décentralisation au Togo : José Amoussou appelle les maires et préfets à rompre avec la stagnation pour accélérer le développement local

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Décentralisation au Togo : José Amoussou appelle les maires et préfets à rompre avec la stagnation pour accélérer le développement local

Le Togo compte aujourd’hui 117 communes et 39 préfectures. Derrière ces chiffres se joue une question essentielle : comment transformer la décentralisation en un véritable instrument d’amélioration des conditions de vie des populations ? C’est sur cette interrogation que se penche José Amoussou, président de la Coalition Jeunesse Unie pour la Renaissance (CJUR Togo), dans une tribune consacrée à la gouvernance locale et aux comportements des acteurs chargés de conduire le développement à la base.

Pour le président de CJUR Togo, les réformes institutionnelles ne peuvent produire tous leurs effets si elles ne s’accompagnent pas d’un changement profond des pratiques. La décentralisation ne devrait pas se limiter à l’installation d’organes élus, à l’organisation de cérémonies ou à l’annonce de projets. Elle doit surtout se mesurer à des résultats visibles dans le quotidien des citoyens : des villes mieux entretenues, des services publics locaux plus accessibles, des marchés mieux organisés, des routes entretenues, une gestion plus rigoureuse des déchets, des espaces publics préservés et une administration locale davantage tournée vers les besoins des populations.

Passer de la décentralisation administrative au développement concret

Dans sa réflexion, José Amoussou invite les maires, préfets et autres responsables locaux à s’interroger sur leurs propres méthodes de travail. L’enjeu, selon lui, est de sortir des habitudes qui entretiennent l’immobilisme et de faire de chaque collectivité un véritable espace d’expérimentation du développement.

« Si nous souhaitons opérer le développement profond à la base, nous devons même dans nos attitudes au quotidien remettre en cause un certain nombre de choses… », fait-il remarquer.

Cette remise en question peut commencer par des actes simples mais structurants. Une commune qui dispose d’un budget doit pouvoir définir des priorités mesurables, publier l’état d’avancement de ses projets et rendre compte régulièrement aux citoyens. Une municipalité confrontée à l’insalubrité peut, par exemple, mettre en place un système organisé de collecte des déchets, identifier les points noirs, responsabiliser les différents quartiers et évaluer périodiquement les résultats.

De la même manière, l’entretien des voies, l’éclairage public, la gestion des marchés, la protection des espaces verts ou encore l’accès à l’eau peuvent être abordés comme des politiques publiques locales avec des objectifs, des calendriers et des indicateurs de résultats.

Le développement moderne se construit aussi à l’échelle locale

Pour José Amoussou, le développement voulu pour le Togo ne peut être porté uniquement depuis les administrations centrales. Il doit également prendre corps dans les communes et les préfectures.

La transformation numérique en fournit un exemple. Une commune moderne ne devrait plus seulement afficher des informations sur ses bâtiments administratifs. Elle peut progressivement développer des services permettant aux citoyens d’accéder plus facilement aux informations administratives, de suivre certaines démarches ou de connaître l’état d’avancement des projets communaux.

L’économie locale constitue un autre chantier. Les collectivités peuvent contribuer à créer un environnement favorable aux petits entrepreneurs, aux artisans, aux agriculteurs, aux commerçants et aux jeunes porteurs de projets. L’organisation des marchés, l’aménagement des zones d’activités, l’accès à l’information et la formation peuvent ainsi devenir des leviers de création de revenus.

Dans le domaine environnemental, une gouvernance locale moderne suppose également d’anticiper les inondations, de préserver les caniveaux et les zones de drainage, de protéger les espaces naturels et de lutter contre l’occupation anarchique des emprises publiques. Là encore, le développement ne se mesure pas uniquement au nombre d’ouvrages inaugurés, mais à leur utilité, leur entretien et leur capacité à répondre durablement aux besoins.

L’exemplarité des responsables comme levier de changement

C’est précisément sur cette question de l’exemplarité que José Amoussou insiste particulièrement. Les responsables locaux, estime-t-il, doivent être les premiers à respecter les règles qu’ils demandent aux citoyens d’observer.

L’assainissement en est une illustration. Il est difficile de convaincre les populations de ne pas jeter leurs déchets dans les rues lorsque les espaces publics sont eux-mêmes mal entretenus ou que les responsables ne donnent pas l’exemple.

« Vous donnez l’exemple », rappelle-t-il, en invitant les responsables territoriaux à faire de leur comportement quotidien un outil de mobilisation citoyenne.

Cette exigence vaut également pour la gestion des ressources publiques. La confiance des populations repose sur la transparence, la rigueur dans l’utilisation des ressources et la capacité des élus à expliquer les choix opérés. Pour le président de CJUR Togo, l’autorité locale doit donc davantage convaincre, sensibiliser et écouter qu’imposer par la contrainte.

Porter les ambitions nationales jusque dans les territoires

La réflexion de José Amoussou s’inscrit dans une vision où les collectivités territoriales doivent devenir des relais actifs des ambitions de développement du Togo. Le projet national ne peut en effet produire des effets durables si les territoires restent confrontés à des pratiques qui entretiennent la lenteur administrative, l’inaction ou la simple mise en scène de l’action publique.

Il appelle ainsi les maires, préfets et élus locaux à devenir de véritables vecteurs du développement voulu pour le pays par le président du Conseil, Faure Gnassingbé, en traduisant les grandes orientations nationales en réalisations concrètes dans les territoires.

Autrement dit, il ne s’agit plus seulement de montrer que quelque chose est fait, mais de démontrer ce que cette action change réellement dans la vie des citoyens. Une route doit faciliter les déplacements et l’activité économique ; un marché doit améliorer les conditions de travail des commerçants ; un ouvrage d’assainissement doit réduire les risques d’inondation ; un service municipal doit faire gagner du temps aux citoyens ; un investissement destiné aux jeunes doit contribuer à renforcer leurs possibilités d’insertion.

Sortir du « bling-bling » pour privilégier les résultats

Au fond, la tribune de José Amoussou pose la question de la qualité de l’action publique locale. Pour lui, le développement moderne ne peut être réduit à la communication autour des réalisations ou à la multiplication des cérémonies. Il suppose une culture du résultat, de l’évaluation et de la responsabilité.

Les collectivités disposent désormais d’un cadre institutionnel leur permettant de jouer un rôle important dans le développement du pays. Le véritable défi consiste donc à transformer cette décentralisation en résultats tangibles.

C’est pourquoi le président de CJUR Togo invite les responsables locaux à laisser derrière eux la stagnation, l’autosatisfaction et le « bling-bling », pour privilégier l’action utile, la proximité avec les populations et la recherche permanente de solutions.

Pour José Amoussou, le développement du Togo peut aussi se construire à partir de chaque commune, de chaque préfecture et de chaque quartier. À condition que ceux qui ont la responsabilité de conduire ces territoires acceptent de changer leurs pratiques, de montrer l’exemple et de faire de la performance locale une exigence quotidienne.

AA

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