Santé : l’Hôpital Dogta-Lafiè réalise la première chirurgie endoscopique du rachis au Togo
L’Hôpital Dogta-Lafiè a franchi une nouvelle étape dans le développement de la chirurgie spécialisée au Togo. Le mardi 4 novembre 2026, l’établissement sanitaire a réalisé sa première intervention endoscopique du rachis, une technique mini-invasive qui permet d’opérer la colonne vertébrale à travers une incision de quelques millimètres. Cette avancée ouvre de nouvelles perspectives dans la prise en charge des pathologies de la colonne vertébrale au Togo.

L’intervention a été menée conjointement par une équipe médicale togolaise dirigée par le professeur Essosinam Kpél ao et une délégation du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Bordeaux, en France, conduite par le professeur Jean-Rodolphe Vignes, spécialiste de la chirurgie du rachis.
Contrairement à la chirurgie conventionnelle, qui nécessite une ouverture plus importante et une mobilisation des muscles du dos, la technique endoscopique repose sur une petite incision, généralement comprise entre 8 millimètres et 2 centimètres. Elle permet au chirurgien d’intervenir à l’aide d’un endoscope équipé d’une caméra haute définition, tout en limitant les traumatismes musculaires.
Cette approche présente plusieurs avantages pour les patients, notamment une réduction des douleurs postopératoires, une récupération plus rapide et une durée d’hospitalisation plus courte. Selon le professeur Essosinam Kpél ao, le premier patient opéré a bien réagi à l’intervention et pouvait déjà envisager de se remettre debout dans l’heure suivant son réveil.
« Ça réduit vraiment la durée d’hospitalisation et la douleur post-opération. Ce sont les bénéfices réels de cette technique », a expliqué le neurochirurgien, qui prévoit une sortie du patient dans un délai de deux jours.

Pour le professeur Kpél ao, l’introduction de cette nouvelle méthode répond à une nécessité d’adaptation de la médecine togolaise aux évolutions de la chirurgie moderne. Il souligne également l’importance de la formation et du transfert de compétences afin de permettre aux équipes nationales de maîtriser progressivement cette pratique.
Le choix de l’Hôpital Dogta-Lafiè s’explique notamment par la disponibilité d’un plateau technique adapté à ce type d’intervention. Le spécialiste souhaite, à terme, voir cette technique étendue aux établissements publics de santé afin d’en faciliter l’accès à un plus grand nombre de patients.
De son côté, le professeur Jean-Rodolphe Vignes a mis en avant la dimension partenariale de cette mission. Il a souligné que l’objectif n’est pas de se substituer aux équipes locales, mais de travailler avec elles au développement de nouvelles compétences et de techniques chirurgicales modernes.
Saluant la qualité du plateau technique de Dogta-Lafiè, il a toutefois relevé la nécessité de compléter certains équipements spécifiques pour permettre à l’établissement de développer pleinement cette activité et de gagner en autonomie.

La chirurgie endoscopique du rachis est principalement indiquée dans le traitement de certaines pathologies dégénératives de la colonne vertébrale, notamment les hernies discales et les compressions nerveuses responsables de douleurs lombaires, de sciatiques ou de difficultés à la marche.
Deux patients sont concernés par cette première mission opératoire. Au-delà de cette première nationale, l’initiative marque une avancée dans le renforcement des capacités techniques et humaines du système sanitaire togolais. Elle ambitionne de rapprocher les soins spécialisés des populations et de réduire, à terme, le recours aux évacuations sanitaires à l’étranger.
Ing Ilyame OURO-LOWAN





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