Togo : 174,7 milliards FCFA de dépenses fiscales en 2025, les grandes entreprises en première ligne

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Togo : 174,7 milliards FCFA de dépenses fiscales en 2025, les grandes entreprises en première ligne

Les dépenses fiscales de l’État togolais ont atteint 174,7 milliards de FCFA en 2025, contre 164,1 milliards en 2024, soit une progression de 6,4 %. Cette enveloppe, correspondant aux recettes auxquelles l’État renonce à travers les exonérations et autres allègements fiscaux, profite de manière inégale aux acteurs économiques. Selon le rapport du Conseil national de suivi et d’évaluation des dépenses fiscales (CONEDEF), les vingt premiers bénéficiaires ont concentré 52,83 % du montant total en 2025.

Parmi les principaux bénéficiaires figure Lomé Container Terminal (LCT), qui a bénéficié d’avantages fiscaux évalués à 25,4 milliards de FCFA, soit 14,54 % du total. La compagnie aérienne ASKY arrive en deuxième position avec 15,8 milliards de FCFA, représentant 9,04 %. À elles seules, ces deux entreprises concentrent près du quart des dépenses fiscales recensées sur l’année.

Dans l’ensemble, les entreprises captent directement 57 % du coût de ces mesures, tandis que les dispositifs bénéficiant simultanément aux entreprises et aux ménages représentent 39,1 %. Les exonérations constituent la principale forme de soutien fiscal, avec 90,1 % du montant total.

Établie à partir des données de l’Office togolais des recettes (OTR), l’évaluation du CONEDEF révèle que les dépenses fiscales représentent désormais 19,1 % des recettes liquides de l’État et 2,6 % du produit intérieur brut (PIB). Leur progression traduit une augmentation de 10,6 milliards de FCFA en un an.

L’analyse par catégorie d’impôts fait ressortir des évolutions contrastées. Les dépenses fiscales liées à l’impôt sur les sociétés sont passées de 42,8 milliards de FCFA en 2024 à 56 milliards en 2025. Celles relatives à la patente ont également enregistré une hausse significative, passant de 3,7 à 10,6 milliards de FCFA.

En revanche, les allègements liés à la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) ont diminué, passant de 70,3 milliards à 58,1 milliards de FCFA. Cette baisse s’explique notamment par un changement dans la méthode de déclaration de certaines entreprises de commercialisation des produits pétroliers, désormais fondée sur leurs marges plutôt que sur leur chiffre d’affaires.

Au-delà de leur poids dans les finances publiques, ces données soulèvent la question du rendement économique des avantages fiscaux. Si les exonérations constituent un instrument d’attractivité pour les investissements, de soutien à certains secteurs et de promotion de l’emploi, leur concentration entre les mains d’un nombre restreint d’entreprises renforce la nécessité d’en évaluer les retombées.

Dans cette perspective, le gouvernement entend améliorer le ciblage et l’efficacité des dispositifs dérogatoires. La stratégie de mobilisation des recettes pour la période 2027-2031 prévoit notamment une rationalisation des avantages fiscaux, dans le but d’accroître les ressources publiques sans compromettre la dynamique de l’investissement.

Les autorités ambitionnent ainsi de porter les recettes fiscales à plus de 2 100 milliards de FCFA en 2031, contre un peu plus de 1 000 milliards projetés pour 2026. Un objectif qui place la maîtrise des dépenses fiscales parmi les leviers importants de renforcement des finances publiques.

AA

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