Formation professionnelle au Togo : un schéma directeur pour accélérer l’employabilité et l’insertion

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Formation professionnelle au Togo : un schéma directeur pour accélérer l’employabilité et l’insertion

Le Togo s’apprête à franchir une nouvelle étape dans la modernisation de son système de formation professionnelle. Réunis depuis jeudi à Lomé, les principaux acteurs du secteur examinent et valident le Schéma Directeur des Formations de Courte Durée (FCD), un document stratégique appelé à structurer durablement ce dispositif sur l’ensemble du territoire national. Élaboré avec l’appui du projet ProEmploi+ de la coopération allemande, à travers la GIZ, et accompagné d’un Plan d’action opérationnel, ce cadre de référence entend faire de la formation professionnelle de courte durée un puissant levier d’insertion socioéconomique.

Les travaux ont été ouverts par le ministre de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation, Mama Omorou, en présence des cadres des ministères sectoriels, de représentants du secteur privé, de la société civile ainsi que des partenaires techniques et financiers. Pendant deux jours, les participants passent en revue les orientations stratégiques du document, évaluent les activités proposées, examinent les ressources mobilisables et formulent d’éventuels amendements, avec l’objectif de parvenir à une validation consensuelle.

Fruit d’un processus engagé depuis janvier 2025, le schéma directeur a été élaboré sur la base d’une démarche méthodique alliant diagnostic approfondi et définition d’un cadre stratégique. À travers ce document, le gouvernement affiche une ambition claire à l’horizon 2035 : faire des formations de courte durée un dispositif inclusif, performant et durable, capable de répondre efficacement aux besoins du marché du travail et de contribuer à la réduction du chômage, à la promotion de l’auto-emploi et au renforcement de la compétitivité économique nationale.

Pour atteindre cette ambition, trois priorités structurantes ont été définies : consolider la gouvernance et le financement du dispositif afin de lui assurer un ancrage institutionnel stable et des ressources pérennes ; améliorer l’accès équitable à des formations adaptées, de qualité et directement connectées aux réalités économiques ; et mettre en place des mécanismes renforcés d’accompagnement vers une insertion professionnelle durable.

Cette orientation s’inscrit dans une volonté politique assumée de faire des formations de courte durée un outil concret de lutte contre le chômage et la pauvreté. Selon Wolou Djamba Adékoulé, l’objectif est de renforcer l’employabilité des jeunes et des adultes, qu’ils soient scolarisés ou non, en leur permettant d’acquérir des compétences professionnelles directement exploitables dans des métiers choisis et adaptés aux potentialités économiques du pays.

L’atelier de validation intervient dans un contexte marqué par des résultats particulièrement encourageants. Dès la phase pilote menée en 2022 avec l’appui du Programme de développement économique durable de la GIZ, 65 jeunes et adultes avaient été formés avec un taux d’insertion de 100 %. Cette première expérience a servi de socle à un élargissement progressif du dispositif.

Entre 2023 et 2025, la dynamique s’est accélérée grâce au soutien du Fonds national d’apprentissage, de formation et de perfectionnement professionnels et du projet ProEmploi+. Durant cette période, plusieurs centaines de jeunes supplémentaires ont bénéficié de ces formations. À ce jour, 2 307 personnes ont été accompagnées, parmi lesquelles 1 595 femmes et 318 personnes vivant avec un handicap. Pour les autorités, ces résultats confirment la pertinence d’un modèle fondé sur l’identification des besoins réels du marché, la formation en milieu professionnel et l’accompagnement vers l’auto-emploi.

Partenaire de premier plan dans cette démarche, l’Allemagne a renouvelé son engagement aux côtés du Togo. Intervenant devant les participants, Johannes Klotz a salué l’aboutissement d’un processus qu’il a qualifié d’inclusif et participatif, estimant qu’il marque une étape importante dans le renforcement du développement des compétences et de l’employabilité. Il a rappelé que la formation professionnelle demeure l’un des axes prioritaires de la coopération allemande, tout en réaffirmant la volonté de soutenir des initiatives favorisant l’inclusion économique, l’égalité des chances et l’accès à un emploi décent.

Une fois validé, le Schéma Directeur des Formations de Courte Durée servira de cadre national de référence pour organiser, harmoniser et renforcer la gouvernance de ces formations. À travers cette nouvelle feuille de route, le Togo entend mieux transformer les compétences en opportunités concrètes d’emploi et faire de la formation professionnelle un pilier de sa stratégie de développement économique et social.

Dodji KETOHOU

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