Hommage national à Kléber Dadjo : le Togo honore la mémoire d’un ancien chef de l’État à Siou
Le Haut-Commissariat à la réconciliation et au renforcement de l’unité nationale (HCRRUN) a rendu, le mercredi 12 août 2026 à Siou, dans la préfecture de Doufelgou, un hommage national au colonel Kléber Bawaïna Dadjo, ancien président de la République togolaise.

La cérémonie, présidée par le président du Sénat, Barry Moussa Barqué, représentant personnel du Président du Conseil, Faure Gnassingbé, a réuni plusieurs personnalités politiques, administratives, militaires et traditionnelles, ainsi que les populations de Siou, de Doufelgou et les membres de la famille du défunt.
Cet hommage s’inscrit dans la mise en œuvre de la recommandation n°46 de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation (CVJR), qui préconise la réhabilitation et la célébration des personnalités ayant occupé de hautes fonctions et contribué au service de la nation.
Préserver la mémoire d’un ancien chef de l’État
Le colonel Kléber Dadjo a dirigé le Comité de réconciliation nationale et exercé les fonctions de chef de l’État du 13 janvier au 13 avril 1967. À travers cette cérémonie, le HCRRUN entend réhabiliter sa mémoire et contribuer au renforcement du devoir de mémoire, de la paix et de la cohésion nationale.
Le temps fort de la cérémonie a été la présentation du mausolée érigé en mémoire de l’ancien chef de l’État. Après la coupure du ruban symbolique, une gerbe de fleurs a été déposée sur la tombe du disparu.
Réalisé par l’État à travers le HCRRUN, le complexe sépulcral de Siou est destiné à préserver les restes et la mémoire du colonel Kléber Dadjo, dans le respect des volontés de sa famille et des traditions du pays Nawda.
Un mausolée, symbole de mémoire et de rassemblement
La présidente du HCRRUN, Awa Nana-Daboya, a expliqué que cet hommage national traduit la volonté des pouvoirs publics de contribuer à la guérison des blessures du passé et au raffermissement de la cohésion nationale.
Elle a précisé que la construction du mausolée est l’aboutissement d’un processus de concertation associant la famille du défunt, les cadres et les autorités traditionnelles de la localité.
Selon la présidente du HCRRUN, les démarches engagées ont également permis le paiement de la rente viagère aux veuves du colonel Dadjo et la réalisation d’un ouvrage biographique consacré à sa vie et à son parcours, rendue possible grâce à l’ouverture exceptionnelle des archives militaires.
Awa Nana-Daboya a présenté le mausolée comme un lieu de mémoire et de rassemblement appelé à lutter contre l’oubli. Elle a invité les populations à préserver ce patrimoine et à promouvoir le pardon, la tolérance et le rejet de la haine.
Un modèle pour les générations futures
Le chef d’état-major général des Forces armées togolaises, le général de brigade Allahare Dimini, a retracé le parcours militaire du colonel Kléber Dadjo. Il l’a présenté comme une figure marquée par l’éthique, la discipline et le sens du devoir, dont le parcours peut servir de référence aux générations actuelles et futures des forces armées.
Au nom de la famille, Dr Francis Asser Dadjo a exprimé sa reconnaissance aux autorités pour cette reconnaissance nationale. Il a souligné l’importance, pour une nation, de préserver la mémoire de ses pionniers et de celles et ceux qui ont contribué, par leur engagement et leurs sacrifices, à la construction de la République.

Il a enfin invité la jeunesse togolaise à s’inspirer des valeurs de service, de responsabilité et de dévouement incarnées par le colonel Kléber Dadjo.
À Siou, cet hommage national apparaît ainsi comme un acte de mémoire, mais aussi comme un message en faveur de la réconciliation, du pardon et de la cohésion nationale.
ADAMS




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