Formation professionnelle : l’AED et le groupe chinois WIETC renforcent le lien entre les IFAD et l’emploi

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Formation professionnelle : l’AED et le groupe chinois WIETC renforcent le lien entre les IFAD et l’emploi

Au Togo, la formation professionnelle se rapproche davantage des besoins du secteur privé. L’Agence Éducation-Développement (AED), en charge du pilotage des Instituts de formation en alternance pour le développement (IFAD), et le groupe chinois Weihai International Economic and Technical Cooperation (WIETC) ont signé, jeudi 1er octobre 2026 à Lomé, une convention de partenariat destinée à mieux adapter les compétences des apprenants aux besoins des grands projets conduits par l’entreprise au Togo.

L’accord établit un cadre de coopération entre les deux parties, notamment dans les domaines du bâtiment et des énergies renouvelables. Il prévoit l’accueil d’apprenants sur les chantiers de WIETC, le développement de formations en alternance, le partage d’expertise entre professionnels et formateurs, ainsi que la formation continue. Le partenariat ouvre également la possibilité d’appuis aux IFAD sous forme d’équipements, de bourses ou de subventions.

La convention a été signée sous la houlette du directeur général de l’AED, Dammipi Noupokou, et du vice-président de WIETC, Ma Jtanjun. Pour ce dernier, la disponibilité d’une main-d’œuvre locale qualifiée constitue un enjeu majeur pour la réussite des projets du groupe au Togo.

« La réussite de nos projets reposera aussi sur la constitution d’une équipe locale de professionnels compétents », a-t-il souligné. Dans cette perspective, WIETC entend accueillir des apprenants des IFAD sur ses différents chantiers et prévoit de donner la priorité, selon ses besoins, aux diplômés des deux établissements pour ses recrutements.

Des besoins importants en main-d’œuvre

Ce partenariat intervient alors que WIETC est impliqué dans plusieurs projets d’infrastructures au Togo. Le groupe chinois participe notamment à la construction du siège de NSIA Vie et du bâtiment de simulation d’ASKY.

Pour le chantier du siège de NSIA Vie, les besoins immédiats en main-d’œuvre ont été évalués à environ 50 ouvriers. D’autres perspectives se dessinent également avec le projet de Terminal 2 de l’aéroport international de Lomé, dont le démarrage est envisagé en avril 2027. À terme, ce projet pourrait nécessiter jusqu’à 500 personnes.

WIETC prépare par ailleurs la réalisation d’une centrale solaire photovoltaïque d’une capacité de 50 MW avec système de stockage dans la région de la Kara. Ce projet devrait également mobiliser des compétences dans plusieurs domaines liés aux énergies renouvelables, à l’électricité, à la maintenance et aux travaux techniques.

Ces perspectives ne constituent toutefois pas une garantie automatique d’embauche pour les diplômés des IFAD. Les recrutements resteront fonction des besoins réels du groupe et de ses différents projets. La convention établit néanmoins un principe de priorité en faveur des diplômés des deux instituts concernés.

Rapprocher la formation des besoins du marché

Pour l’AED, ce partenariat répond à l’un des objectifs fondamentaux du modèle IFAD : rapprocher la formation des réalités du monde professionnel et faciliter l’insertion des jeunes diplômés.

« Il s’agit de rapprocher la compétence et l’emploi, l’école et le chantier », a indiqué Dammipi Noupokou. Selon lui, la convention avec WIETC vient ainsi renforcer la volonté de l’AED de construire une passerelle durable entre les établissements de formation et les entreprises.

Au-delà des recrutements, le partenariat prévoit des échanges techniques entre les équipes, le renforcement des compétences des formateurs et des professionnels, ainsi que l’identification de nouveaux besoins de formation. Les deux parties pourront également examiner des mécanismes d’accompagnement des IFAD, notamment à travers la mise à disposition d’équipements, l’octroi de bourses et d’éventuelles subventions.

Le modèle de l’alternance au cœur du dispositif

La coopération s’inscrit dans le modèle pédagogique développé par l’AED, qui combine enseignements théoriques et immersion en entreprise. L’objectif est de permettre aux apprenants d’acquérir, au cours de leur formation, des compétences directement utilisables sur le marché du travail.

L’AED propose actuellement neuf formations diplômantes ainsi que seize formations certifiantes ou qualifiantes, dans plusieurs secteurs considérés comme prioritaires pour le développement du pays.

Le dispositif IFAD compte à ce jour quatre établissements opérationnels : l’IFAD-Aquaculture à Elavagnon, l’IFAD-Bâtiment et l’IFAD-Énergies renouvelables à Adidogomé, à Lomé, ainsi que l’IFAD-Élevage à Barkoissi. Un cinquième institut, l’IFAD d’Avétonou, consacré aux métiers de l’élevage, doit compléter ce réseau. Il est implanté dans la préfecture de l’Agou.

À travers ce partenariat avec WIETC, l’enjeu est donc de faire davantage correspondre les formations proposées aux compétences recherchées par les entreprises, tout en donnant aux jeunes des possibilités concrètes d’immersion professionnelle et d’insertion. Une démarche qui accompagne aussi la montée en puissance des investissements et des grands projets d’infrastructures et d’énergie au Togo.

Dodji KETOHOU

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