Clubs Santé SOS DOCTEUR TV : Serge Michel Kodom dévoile les premiers résultats et les ambitions du programme
Les Clubs Santé SOS DOCTEUR TV poursuivent leur implantation dans les établissements d’enseignement secondaire au Togo. Initié par AIMES-AFRIQUE et SOS DOCTEUR TV, le programme entend faire de l’école un véritable espace de promotion de la santé, de citoyenneté et de leadership, tout en offrant aux élèves un cadre d’épanouissement à travers des activités parascolaires. Après une première année de mise en œuvre, le Professeur honoraire Serge Michel Kodom, président-directeur général de AIMES-AFRIQUE et de SOS DOCTEUR TV, dresse le bilan de cette initiative, revient sur l’adhésion des communautés éducatives et présente les perspectives de développement des clubs. Dans cet entretien, il aborde également le championnat national Génie IMHOTEP, la prévention des grossesses non désirées et les défis liés à l’usage des réseaux sociaux chez les jeunes.
Journaliste : Professeur, pourquoi avoir mis en place les Clubs Santé SOS DOCTEUR TV dans les collèges et les lycées ?
Prof. Serge Michel KODOM : Nous avons voulu créer un cadre qui permette aux élèves de ne pas seulement recevoir des connaissances en classe, mais aussi de développer leur sens des responsabilité, leur leadership et leur capacité à agir pour impacter positivement leur communauté. Nous voulons aider à former de véritables bâtisseurs et surtout promouvoir le leadership transformationnel aussi bien chez les garçons, je veux parler de la masculinité positive mais surtout chez les filles. Pour preuve, dans tous les collèges et lycées, les Clubs Santé sont dirigés majoritairement par les filles.
L’école doit s’ouvrir davantage à la formation ou l’éducation non formelle à travers les activités parascolaires et extrascolaires bien structurées afin de mieux préparer les jeunes à devenir de très bons citoyens, responsables et surtout des bâtisseurs ambitieux de transformer positivement leur pays.

C’est pourquoi nous avons voulu travailler sur plusieurs dimensions en proposant 21 activités phares réparties dans sept (07) axes stratégiques. Il y a la promotion de santé dès le bas âge, bien entendu, mais aussi la citoyenneté, le leadership et les valeurs d’émulation et de solidarité. Nous voulons donner aux élèves des activités qui les inspirent et qui leur permettent de découvrir leurs talents afin de susciter très tôt de grandes vocations.
Le jeu de culture générale en santé « Génie IMHOTEP » en est un exemple. Nous avons dans le projet des actions de sensibilisation sur les valeurs, la santé sexuelle et la prévention des grossesses non désirées, la vulgarisation des journées mondiales de santé ; la production des sketchs, slams, et les émissions de jeunes par les jeunes. Nous voulons aussi contribuer à réduire les effets néfastes de certains usages des réseaux sociaux et créer une véritable passerelle entre le milieu scolaire et les autres secteurs de développement, les cadres et personnes ressources.
Pourquoi la vie parascolaire occupe-t-elle une place importante dans ce dispositif ?
Parce que c’est aussi dans les établissements que nous devons amener les enfants à se responsabiliser. Les enfants sont de plus en plus précoces et influencés, menacés négativement par les réseaux sociaux. Il faut leur proposer des activités qui les inspirent et leur permettent de développer leur leadership. L’ éducation « non formelle » sur laquelle AIMES-AFRIQUE agit à travers les Clubs Santé SOS DOCTEUR TV est aussi importante, sinon très importante que « l’éducation formelle » qu’on donne depuis le préscolaire jusqu’à l’université tout comme « l’éducation informelle » qu’on reçoit à la maison, dans nos quartiers et surtout sur les réseaux sociaux aujourd’hui. Malheureusement on constate aujourd’hui que cette éducation non formelle souffre énormément pour plusieurs raisons.
Les Clubs Santé se positionnent en réalité comme des clubs de leadership transformationnel pour la jeunesse togolaise et s’articulent autour ou s’appuient sur trois (03) piliers à savoir : la connaissance et la découverte de soi; la citoyenneté et le panafricanisme et enfin l’ouverture d’esprit pour devenir de véritables bâtisseurs du Togo et de l’Afrique de demain.

Nous voulons amener la jeunesse togolaise à devenir des leaders, des acteurs de communication pour un changement positif de comportements dans la société. Il ne s’agit plus de consommer des contenus à fort impact négatif seulement. Nous voulons qu’ils puissent en produire, notamment sur les problématiques les concernant, leur établissement, leur communauté et leur environnement, avec des contenus qui les valorisent donc à impact positif. Les Clubs Santé SOS DOCTEUR TV veulent créer un véritable écosystème pour assurer et promouvoir une jeunesse en bonne santé, responsable et épanouie pour une véritable relève du Togo et de l’Afrique.
Après une année de mise en œuvre, quel bilan tirez-vous des Clubs Santé SOS DOCTEUR TV ?
Globalement, nous sommes satisfaits. Trois acquis forts se dégagent.
Le premier, c’est l’adhésion des premiers acteurs. Je pense notamment aux enseignants et aux encadreurs, mais aussi aux chefs d’inspection et aux directeurs régionaux de l’éducation. Sur le terrain, nous sentons qu’il y a une appropriation de cette initiative.
Le deuxième acquis concerne le nombre de clubs créés. Aujourd’hui, quasiment tous les collèges et lycées publics ont pu mettre en place les Clubs Santé. Le travail se poursuit dans les établissements confessionnels et privés, surtout à Lomé. Nous sommes autour de 80 % de taux de couverture en matière de création des Clubs Santé.
Que recouvre précisément ce taux de couverture de 80 % ?
Il s’agit du niveau de création des Clubs Santé dans les établissements concernés par le programme. La dynamique est particulièrement forte dans le public. Le travail se poursuit progressivement dans les établissements privés et confessionnels.
Et quel est le troisième acquis que vous retenez ?
Ce sont les activités menées dans les clubs. Un club ne doit pas seulement exister sur le papier. Il doit vivre.
Aujourd’hui, nous avons lancé le premier championnat national du jeu de culture générale Génie IMHOTEP. Toutes les régions du Togo sont représentées. Les élèves s’approprient le contenu et les fascicules. Ils sont très contents de participer à ces compétitions.
Nous avons commencé par les interclasses, puis les phases éliminatoires jusqu’à la compétition proprement dite. Cette dynamique montre l’intérêt des élèves pour ces activités.
Quelle place le Génie IMHOTEP occupe-t-il dans le fonctionnement des Clubs Santé ?
Génie IMHOTEP est à la fois un outil pédagogique et une activité d’animation des Clubs Santé. L’objectif est de renforcer les connaissances des élèves, notamment sur les questions de santé, tout en créant une émulation entre les établissements.
Les élèves s’intéressent réellement à cette compétition. Ils apprennent, ils se préparent, ils travaillent ensemble et ils représentent leur établissement. C’est une activité qui contribue à faire vivre les clubs.
Vous avez effectué cette année une tournée auprès des gouverneurs. Quel était l’objectif de cette démarche ?
Nous avons sollicité l’appui des gouverneurs, des maires, des préfets et des différents acteurs de la santé pour soutenir cette initiative des Clubs Santé dans les établissements du secondaire.
Nous voulons que les clubs soient accompagnés au niveau local. C’est pourquoi nous avons présenté le projet aux autorités et aux différents acteurs concernés afin de renforcer leur implication.
Au-delà de la création des clubs, quels sont les prochains enjeux ?
Le premier enjeu est de poursuivre le déploiement dans les établissements privés et confessionnels.
Il faut également continuer à faire vivre les clubs avec des activités régulières. La création d’un club est une chose, mais il faut ensuite que les élèves puissent participer à des activités qui développent leur culture générale, leur leadership, leur sens des responsabilités et leur connaissance des questions de santé.
Nous devons aussi continuer à travailler sur les contenus destinés aux jeunes. Ils évoluent dans un environnement marqué par les réseaux sociaux. Il faut donc les accompagner, les sensibiliser et leur donner aussi la possibilité de produire des contenus qui valorisent leur environnement.
Quel message adressez-vous aux enseignants et aux autorités qui accompagnent le programme ?
Je voudrais les remercier pour leur adhésion et soutien total au projet. Nous avons cinq (5) Ministères fortement impliqués et engagés avec la mise en place d’un comité interministériel qui est opérationnel. Nous saluons leur ouverture d’esprit et réaffirmons toute notre gratitude aux premières autorités en charge de l’éducation nationale, la santé, des Solidarités, de la jeunesse et celles de l’ environnement depuis 2024 jusqu’à ce jour.
Ce que nous observons sur le terrain montre qu’il y a une appropriation de l’initiative par tous ces acteurs sectoriels avec une mention spéciale pour les enseignants, les encadreurs et les tous les responsables du système éducatif.
Nous leur demandons de continuer à accompagner les élèves et à faire vivre les clubs. Nous avons besoin de cette mobilisation pour que les Clubs Santé deviennent de véritables espaces d’apprentissage, de citoyenneté, de leadership et de promotion de la santé.
L’éducation non formelle doit est structurée et AIMES AFRIQUE dans son 2e volet d’intervention compte apporter entièrement son expertise et appui pour l’épanouissement de la jeunesse togolaise.
ADAMS(source:actu-Togo)




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