Éducation nationale : le Togo supprime les examens du CAP après 48 ans d’existence
Le Togo met fin à l’organisation des examens du certificat d’aptitude pédagogique (CAP), instaurés en 1978. La décision a été officialisée par un arrêté signé le 23 octobre 2026 par le ministre de l’Éducation nationale, Mama Omorou, abrogeant le texte qui encadrait cette certification. La mesure concerne les examens du premier et du deuxième degré, avec toutefois des dispositions dérogatoires pour certaines catégories de candidats.
L’arrêté précise : « Est abrogé l’arrêté n°18/MEN-RS du 12 avril 1978 portant organisation du certificat d’aptitude pédagogique (CAP) ». Cette décision marque un changement dans le dispositif de certification des compétences pédagogiques des enseignants au Togo.
Des possibilités d’accès au CAP sont néanmoins maintenues pour certains profils. Au premier degré, les titulaires du certificat élémentaire d’aptitude pédagogique (CEAP) pourront encore se présenter à l’examen correspondant. Au deuxième degré, des dérogations sont prévues pour les fonctionnaires enseignant des disciplines spécifiques, notamment le dessin, l’éducation physique et sportive, l’enseignement ménager et la musique. Les intéressés doivent être titulaires d’un diplôme équivalant au CEAP du deuxième degré ou du baccalauréat deuxième partie.

Au-delà de l’abrogation du texte de 1978, cette décision soulève la question de la reconnaissance des compétences professionnelles des enseignants. La suppression d’un examen ancien peut ouvrir la voie à une réorganisation du système de certification. Toutefois, les modalités qui permettront désormais d’évaluer les aptitudes pédagogiques et de reconnaître les qualifications acquises restent déterminantes pour la suite de la réforme.
Cette évolution intervient dans un contexte où le Togo cherche à répondre aux besoins en personnel enseignant sur l’ensemble du territoire. En 2025, l’État prévoyait le recrutement de 1 000 volontaires de l’éducation, notamment pour renforcer les effectifs dans les zones rurales et semi-urbaines, confrontées à des difficultés liées au manque d’enseignants et à la surcharge des classes.
Par ailleurs, plus de 3 000 enseignants ont été définitivement admis au concours national de recrutement de 2026, destiné à couvrir les besoins des différents niveaux d’enseignement ainsi que ceux des FabLabs éducatifs.
La suppression du CAP intervient également alors que le Togo envisage la création d’une agence chargée de l’encadrement des certifications professionnelles. Si ce projet se concrétise, cette structure pourrait contribuer à harmoniser les qualifications et à clarifier les mécanismes de reconnaissance des compétences.
L’enjeu sera donc de déterminer les dispositifs appelés à prendre le relais du CAP afin de garantir une reconnaissance claire des qualifications pédagogiques et de préserver les perspectives d’évolution professionnelle des enseignants.
Ing Ilyame O-L





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