Agriculture togolaise : la vision de Faure Essozimna Gnassingbé fait éclore une révolution silencieuse

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Agriculture togolaise : la vision de Faure Essozimna Gnassingbé fait éclore une révolution silencieuse

Pendant longtemps, l’agriculture togolaise a été perçue comme un secteur aux immenses potentialités mais freiné par des contraintes structurelles. Dépendance à la pluviométrie, faible mécanisation, difficultés d’accès aux financements, pertes post-récolte importantes, insuffisance des infrastructures ou encore faible transformation locale limitaient les performances d’une activité qui occupe pourtant près de 65 % de la population active et contribue à environ 22,8 % du produit intérieur brut. Cinq ans après le lancement de la Feuille de route gouvernementale 2020-2025, le paysage agricole présente désormais un visage profondément renouvelé.

Au-delà des chiffres, c’est une véritable mutation qui s’opère progressivement dans les campagnes togolaises. L’ambition affichée par les pouvoirs publics consiste à faire de l’agriculture un moteur de création de richesses, d’emplois et de développement économique. Cette vision ne repose pas uniquement sur l’augmentation des productions agricoles. Elle englobe désormais toute la chaîne de valeur, depuis l’accès sécurisé à la terre jusqu’à la transformation industrielle des récoltes.

Cette nouvelle dynamique s’inscrit dans la continuité des importantes réformes engagées depuis plus d’une décennie. Après les programmes de relance agricole ayant permis une progression remarquable de la production du maïs, du riz et d’autres cultures vivrières, le gouvernement a choisi d’aller plus loin en misant sur la modernisation complète du secteur.

La création des Zones d’Aménagement Agricole Planifié (ZAAP) constitue l’un des principaux symboles de cette transformation. En regroupant, sécurisant et aménageant les terres agricoles, ces espaces permettent aujourd’hui une exploitation plus rationnelle des ressources foncières. Plus de 193 ZAAP couvrant plus de 35 000 hectares ont déjà été aménagées, offrant aux producteurs des conditions de travail nettement améliorées.

Mais la modernisation agricole ne s’arrête pas à l’organisation de l’espace. La mécanisation connaît elle aussi une accélération remarquable. L’introduction de centaines de tracteurs, la création des Centres Régionaux de Mécanisation Agricole, la formation de centaines de tractoristes et le développement des entreprises locales de travaux mécanisés changent progressivement le quotidien des exploitants. Là où les travaux agricoles nécessitaient autrefois plusieurs jours d’efforts physiques, quelques heures suffisent désormais pour préparer les terres.

Cette évolution ouvre également de nouvelles perspectives pour les jeunes ruraux. Les métiers liés à la conduite des engins, à leur maintenance ou aux prestations mécanisées deviennent progressivement de véritables opportunités d’emploi. L’agriculture cesse ainsi d’être perçue uniquement comme une activité pénible pour devenir un secteur d’avenir.

La maîtrise de l’eau constitue un autre pilier de cette transformation. Face aux effets du changement climatique, le gouvernement a fortement investi dans l’irrigation, les forages, les périmètres aménagés et les kits de pompage solaire. Ces infrastructures permettent désormais à de nombreux producteurs de réaliser plusieurs campagnes agricoles par an, tout en réduisant leur dépendance aux aléas climatiques.

La recherche agricole accompagne également cette évolution. Les travaux conduits par l’Institut Togolais de Recherche Agronomique (ITRA) favorisent la mise au point de variétés plus résistantes, mieux adaptées aux conditions locales et offrant de meilleurs rendements. Associées à une disponibilité accrue des semences certifiées, des engrais subventionnés et des produits phytosanitaires, ces innovations contribuent à améliorer durablement la productivité.

La professionnalisation du secteur constitue un autre acquis majeur de cette feuille de route. Des centaines de conseillers agricoles sillonnent désormais les cantons pour accompagner les producteurs. Les coopératives se multiplient, les formations en entrepreneuriat agricole se généralisent tandis que les outils numériques permettent aux exploitants d’accéder aux conseils techniques, aux données météorologiques et aux informations utiles à la conduite de leurs exploitations.

L’ambition gouvernementale dépasse désormais la simple production agricole. La transformation locale des produits devient un axe stratégique avec le développement des agropoles, des centres de transformation agroalimentaire et des laboratoires de contrôle de qualité. L’objectif consiste à créer davantage de valeur ajoutée sur le territoire national, renforcer les exportations et développer une véritable industrie agroalimentaire.

Les investissements réalisés concernent également les infrastructures rurales. Des milliers de kilomètres de pistes agricoles facilitent désormais l’écoulement des récoltes, tandis que plusieurs centaines de magasins de stockage limitent les pertes post-récolte qui pénalisaient fortement les producteurs.

L’élevage bénéficie lui aussi d’une profonde modernisation grâce aux campagnes de vaccination animale, à la construction d’abattoirs modernes, à la création de marchés à bétail mieux organisés et au développement de nouvelles zones dédiées à la production bovine. Les instituts de formation agricole, notamment l’IFAD de Barkoissi, participent parallèlement à l’émergence d’une nouvelle génération de professionnels du secteur.

Selon le Col. Napo Bruno Kpandja, Directeur Général de l’IFAD élevage de Barkoissi, « 4 objectifs principaux ont été assignés à l’IFAD Barkoissi dès sa création. Primo, former les jeunes et adultes dans le domaine de l’élevage, de la transformation laitière. Ensuite, mettre en place une ferme agro-pédagogique et d’exploitation moderne pour servir en quelque sorte de ferme pilote pour servir de modèle pour les producteurs du milieu. Il est aussi question d’accompagner le développement de la filière laitière et enfin, accompagner aussi les producteurs éleveurs, agriculteurs, transformateurs de lait dans leur métier de tous les jours. En allant vers eux par les assistances techniques et aussi les conseillers nécessaires pour qu’ils puissent intégrer dans leur pratique habituelle les nouvelles pratiques d’élevage et de production végétale.» 

Cette transformation repose enfin sur une gouvernance renouvelée. La création de nouvelles structures spécialisées, le dialogue permanent avec les producteurs et l’utilisation croissante des données statistiques permettent aujourd’hui d’adapter les politiques publiques aux réalités du terrain.

Si des défis demeurent encore, notamment en matière de financement, de transformation industrielle et d’accès aux marchés internationaux, les fondations d’une agriculture plus compétitive apparaissent désormais solidement établies. En plaçant le secteur agricole au cœur de sa stratégie de développement, le Togo entend faire de ses campagnes un véritable moteur de croissance économique et de prospérité partagée.

 LA REDACTION

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