Le projet BASIS au Togo : un catalyseur du développement agricole en Afrique subsaharienne
L’orientation de la formation agricole vers une approche résolument pratique était au cœur de la conférence nationale consacrée au projet BASIS-Togo (Boosting Agriculture Studies in Sub-Saharan Africa). Porté par l’Université de Kara en tant qu’institution leader, en partenariat avec l’Université Catholique de l’Afrique de l’Ouest, Unité Universitaire du Togo, ce projet marque une étape décisive dans la modernisation de l’enseignement supérieur agricole au Togo.

Au centre des échanges : la nécessité de repenser la pratique des étudiants et de passer d’un enseignement centré sur le savoir théorique à un apprentissage pratique basé sur les compétences. L’objectif est clair : renforcer l’employabilité des diplômés et mieux répondre aux besoins réels du secteur agricole.
Dans cette dynamique, un programme de Master en gestion agricole a été développé et accrédité. Il intègre une innovation majeure : un stage pratique obligatoire de six mois en exploitation agricole pour tous les étudiants. Cette immersion prolongée en milieu professionnel permettra aux apprenants d’acquérir des compétences concrètes en gestion, en économie de la production et en conduite de projets agricoles.
Au-delà de la réforme pédagogique, le projet BASIS-Togo a enregistré des résultats significatifs :
- L’élaboration et la mise en œuvre d’une politique institutionnelle sur l’équité et l’éducation inclusive, accompagnée de modules de formation dédiés au personnel administratif et enseignant ;
- La création d’un réseau de coopération regroupant plus de 90 exploitations agricoles au Togo, dont 17 femmes partenaires, favorisant ainsi l’inclusion et le leadership féminin dans le secteur ;
- L’introduction de modules pratiques innovants, notamment en économie de la production et dans le cadre de projets de recherche interdisciplinaires ;
- L’amélioration des systèmes de collecte, de stockage et de gestion des données au sein des universités partenaires.

Ces avancées participent à l’ambition du projet : améliorer la pertinence et l’inclusivité de l’enseignement supérieur agricole, promouvoir la diversité, l’équité et l’accessibilité, tout en consolidant les liens entre universités et monde professionnel.
le Professeur Prenam Houzou-Mouzou, président de l’Université de Kara. Elle s’est tenue en présence du ministre délégué auprès du ministre de l’Éducation supérieure et de la Recherche, le Professeur Tchangbedji, ainsi que du Professeur Atti Tchabi, coordonnateur de BASIS-Togo.
Procédant à l’ouverture officielle, le ministre delégué ,Professeur Tchangbedji a salué une initiative structurante pour le système éducatif togolais, soulignant l’importance d’un enseignement supérieur davantage ancré dans les réalités socio-économiques nationales.
La présidente de l’Université de Kara, Professeur Prenam Houzou-Mouzou, a réaffirmé l’engagement de son institution à faire de la professionnalisation et de l’inclusion des piliers de la formation universitaire.
Prenant la parole à l’atelier bilan du projet BASIS, tenu ce 03 mars 2026 à Lomé, la Présidente de l’Université de Kara, Professeure Prenam Houzou-Mouzou, a salué les avancées majeures enregistrées grâce à cette initiative cofinancée par l’Union européenne.
« Le projet BASIS, cofinancé par l’Union européenne, a été rendu possible grâce à un partenariat solide entre l’Université de Kara, l’Université de Dresde en Allemagne et l’Université Catholique d’Afrique de l’Ouest – Unité Universitaire du Togo (UUT). Cette coopération internationale a constitué un véritable catalyseur pour la modernisation de nos offres de formation », a-t-elle déclaré.

Selon la Présidente, le projet a permis de revoir en profondeur les curricula, en y intégrant une forte dimension professionnelle et pratique. « Nous avons introduit une approche beaucoup plus orientée vers la pratique afin de rapprocher davantage la formation des réalités du terrain. Cela nous a conduits à repenser la pédagogie dans le secteur agricole, en mettant l’accent sur le développement de compétences concrètes », a-t-elle expliqué.
Elle a également souligné l’impact du projet sur l’ouverture internationale des étudiants : « Grâce à BASIS, nos étudiants ont pu bénéficier de stages d’immersion dans des structures modernes en Allemagne. Cette exposition leur a permis de découvrir d’autres méthodes de gestion et de production agricoles, renforçant ainsi leur expertise et leur employabilité. »
Revenant sur la portée de la rencontre, la Professeure Houzou-Mouzou a précisé : « Cette conférence constitue une étape bilan, car nous sommes dans la dernière année de mise en œuvre du projet. Il s’agit d’évaluer les résultats obtenus et d’examiner les perspectives de pérennisation des acquis. »
Pour elle, les retombées sont déjà visibles : « Le projet a contribué à former des professionnels mieux préparés et plus compétitifs. Il nous revient désormais de réfléchir aux mécanismes susceptibles de favoriser leur insertion professionnelle, afin qu’ils participent activement à la transformation de notre secteur agricole. »
Elle a enfin inscrit cette dynamique dans la vision nationale de développement : « Cette initiative s’inscrit pleinement dans les orientations stratégiques du Président du Conseil, notamment en ce qui concerne la transformation structurelle de notre économie. Le secteur agricole demeure un pilier essentiel de cette ambition, et l’enseignement supérieur doit jouer tout son rôle dans cette dynamique. »
Par ces propos, la Présidente de l’Université de Kara a réaffirmé l’engagement de son institution à consolider les acquis du projet BASIS et à poursuivre la modernisation de l’enseignement agricole au service du développement national.
À travers BASIS-Togo, l’Université de Kara et ses partenaires entendent contribuer à une transformation durable de l’enseignement agricole en Afrique subsaharienne. En plaçant la pratique, les compétences et l’inclusion au cœur de la formation, le projet ambitionne de former une nouvelle génération de professionnels capables de relever les défis agricoles contemporains.
Cette conférence nationale aura ainsi permis de consolider les acquis, de partager les bonnes pratiques et de tracer les perspectives d’un enseignement supérieur agricole plus performant, plus inclusif et résolument tourné vers le développement.
Ing Ilyame OURO-LOWAN




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